Évolutions tarifaires 2027 : ce que la hausse des primes change pour les acteurs de l’assurance

Les cotisations d’assurance repartiront à la hausse au 1er janvier 2027. Les projections des cabinets Addactis et Facts & Figures, publiées fin septembre, anticipent des revalorisations comprises entre 3 % et près de 11 % selon les branches, toutes supérieures à l’inflation (2,4 % sur un an en août, selon l’Insee). À ces tendances de marché s’ajoute une hausse déjà actée par arrêté : la contribution au FGTI, dite « taxe attentat », passe de 6,50 € à 8,50 € par contrat.  Pour les compagnies, mutuelles et courtiers, ces évolutions soulèvent autant de questions de tarification que de relation client. Voici le point sur les chiffres, leurs causes et ce qu’il faut anticiper d’ici l’échéance. 

En bref : les hausses attendues au 1er janvier 2027 
  • Assurance automobile : +3 % à +4,5 % selon les projections. 
  • Multirisque habitation : +5 % à +7,5 % selon les projections. 
  • Complémentaire santé : +8 % en médiane, jusqu’à +10,8 % selon les organismes. 
  • Taxe attentat (FGTI) : de 6,50 € à 8,50 € par contrat, hausse fixée par arrêté. 
  • Inflation de référence : 2,4 % sur un an en août 2026 (Insee). 

Auto, habitation, santé : ce que prévoient les projections 

Aucune projection ne prévoit de baisse en 2027. En IARD, les deux cabinets convergent sur une hausse modérée en automobile et plus soutenue en multirisque habitation. 
Branche  Addactis  Facts & Figures 
Assurance automobile  3,5 % à 4,5 %  3 % à 4 % 
Multirisque habitation (MRH)  6,5 % à 7,5 %  5 % à 6 % 
C’est la complémentaire santé qui porterait la plus forte revalorisation. Addactis estime la hausse médiane à 8 % pour les contrats individuels et à 8,3 % pour les contrats collectifs, avec des écarts importants d’un organisme à l’autre : de 5 % à 10,8 % en individuel, de 4,1 % à 10,8 % en collectif.  Ces chiffres restent des tendances de marché. Chaque organisme fixera ses tarifs en fin d’année, et la hausse réellement appliquée dépendra du profil de l’assuré, de sa localisation, de sa sinistralité et du niveau de garanties souscrit. 

Pourquoi les tarifs continuent de grimper 

Le mécanisme est le même dans les trois branches : le coût des risques couverts progresse plus vite que l’inflation, et les assureurs le répercutent sur les primes. Les moteurs, en revanche, diffèrent. 

Habitation : le poids durable du climat 

Les événements climatiques pèsent désormais en permanence sur les comptes de la MRH. Trois facteurs expliquent la hausse : 
  • La grêle : 2,2 milliards d’euros en 2025, soit 43 % de la charge climatique totale. 
  • Les incendies : coût moyen en hausse de 118 % en vingt ans, dont +12 % en 2025. 
  • La localisation du risque : une segmentation tarifaire accrue selon les zones. 

Seul facteur de modération : la baisse des coûts de réassurance amorcée en 2026, qui bénéficie particulièrement à la MRH. 

Automobile : des réparations toujours plus coûteuses 

Le ralentissement attendu par rapport à 2026 ne signifie pas un retour à l’équilibre. Les principaux facteurs : 
  • Le coût des réparations : près de +30 % entre 2021 et 2025 (SRA). 
  • L’électronique embarquée : capteurs, caméras et radars d’aide à la conduite à recalibrer après le moindre choc. 
  • Le vieillissement du parc : âge moyen des véhicules passé de 10,1 à 11,8 ans en dix ans. 
  • Une branche déficitaire : ratio combiné de 101,2 % en 2025. 

Santé : des transferts de charges et un effet de rattrapage 

En santé, la hausse tient d’abord à des décisions publiques : 
  • Des transferts de charges : des décrets publiés en août transfèrent aux complémentaires une partie des remboursements de médicaments, de transports sanitaires et de soins dentaires. 
  • Un coût chiffré : 1,5 milliard d’euros selon l’Unocam, 1,7 milliard avec les taxes. 
  • Un effet de rattrapage : le gel des cotisations voté pour 2026, contesté par les organismes, a été inégalement appliqué ; le Conseil d’État, saisi en avril, ne s’était pas encore prononcé à la date des projections. 

Taxe attentat : une hausse déjà actée au 1er janvier 2027 

Contrairement aux projections de marché, cette hausse est certaine. L’arrêté du 24 juillet 2026 porte la contribution au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) de 6,50 € à 8,50 € par an et par contrat, à compter de janvier 2027.  Créé en 1986, le FGTI indemnise les victimes d’actes de terrorisme et participe à l’indemnisation des victimes d’infractions de droit commun. Selon Service Public, cette hausse doit contribuer au redressement financier du fonds, confronté à un coût moyen des indemnisations en progression d’environ 4 % par an hors inflation sur les dix dernières années.  La contribution est prélevée sur la plupart des contrats couvrant des biens : 
  • Particuliers : habitation, automobile, bateau… 
  • Professionnels : locaux commerciaux, bureaux, matériel professionnel… 
  • Monde agricole : bâtiments, machines, matériel et équipements agricoles. 

À surveiller d’ici la fin de l’année : le nouveau montant doit être intégré aux paramètres de taxes des outils de gestion et répercuté sur l’ensemble des appels de cotisation à échéance de janvier 2027. Sur un portefeuille important, une contribution mal paramétrée génère des écarts de quittancement et de déclaration difficiles à corriger a posteriori. 

Compagnies, mutuelles, courtiers : les enjeux de l’échéance 2027 

Dans un marché où l’assuré peut partir facilement, une revalorisation engage à la fois la rentabilité du portefeuille et la relation client. 

Une tarification plus fine et plus réactive 

La segmentation accrue observée en habitation impose de pouvoir moduler les hausses selon la zone, le profil et la sinistralité, plutôt que d’appliquer un taux uniforme. Cela suppose des grilles tarifaires faciles à faire évoluer et des simulations d’impact sur le portefeuille avant chaque campagne de revalorisation. 

Un risque de résiliation à anticiper 

Face à une hausse, l’assuré dispose de plusieurs leviers pour partir : 
  • Résiliation infra-annuelle : après un an de contrat, résiliation sans frais ni pénalités en auto, habitation et complémentaire santé individuelle (article L. 113-15-2 du Code des assurances, règle équivalente pour les mutuelles). 
  • Démarche simplifiée : en auto, en habitation locataire et en santé, le nouvel assureur peut résilier à la place de l’assuré. 
  • Loi Chatel : l’avis d’échéance doit rappeler la date limite pour refuser la reconduction tacite. 

L’avis d’échéance devient donc un moment de vérité. Une hausse expliquée, accompagnée d’alternatives (ajustement des garanties, niveau de franchise, formule adaptée), limite le risque de départ bien mieux qu’une augmentation découverte sans contexte. 

Un rôle de conseil renforcé pour les courtiers 

Pour les intermédiaires, les hausses de 2027 sont une occasion de revoir les contrats de leurs clients et de les remettre en concurrence lorsque c’est pertinent. Cette démarche s’inscrit pleinement dans le devoir de conseil, à condition de pouvoir tracer les recommandations formulées. 

Ce qu’il faut retenir 

2027 confirme une tendance de fond : la hausse des cotisations n’est plus conjoncturelle, elle reflète une transformation structurelle des risques. Les points clés : 
  • Toutes les branches augmentent, au-dessus de l’inflation : auto, habitation et surtout complémentaire santé. 
  • La taxe attentat passe à 8,50 € par contrat dès janvier 2027 : c’est la seule hausse certaine à ce jour. 
  • Les causes sont structurelles : climat en habitation, coût des réparations en auto, transferts de charges en santé. 
  • Le risque de résiliation augmente : l’assuré peut changer de contrat sans frais après un an. 
  • L’enjeu pour les acteurs : ajuster les tarifs avec précision, rapidement, en expliquant chaque évolution à l’assuré. 

C’est un enjeu que nous accompagnons au quotidien chez Antenia : donner aux acteurs de l’assurance des outils capables de faire évoluer leurs grilles tarifaires en temps réel avec NEO Pricing, de fiabiliser le paramétrage des taxes et le quittancement avec NEO Core, et d’accompagner l’assuré au moment de l’échéance grâce à un espace client comme NEO Selfcare. 

À lire aussi : Fidéliser ses clients en assurance, stratégie et outils efficaces → 

FAQ, questions fréquemment posées

Selon les projections d'Addactis et de Facts & Figures, la hausse serait de 3 % à 4,5 % en assurance automobile, de 5 % à 7,5 % en multirisque habitation et de 8 % en médiane pour la complémentaire santé, avec des pointes à 10,8 %. 

La contribution au FGTI passe de 6,50 € à 8,50 € par an et par contrat à compter de janvier 2027, en application de l'arrêté du 24 juillet 2026. 

  • Les contrats habitation, automobile et bateau des particuliers. 
  • Les contrats couvrant les locaux, bureaux et matériel des professionnels. 
  • Les contrats couvrant les bâtiments, machines et équipements agricoles. 

La complémentaire santé n'est pas concernée.

  • Des transferts de remboursements de l'Assurance maladie vers les complémentaires, estimés à 1,5 milliard d'euros par l'Unocam. 
  • Un effet de rattrapage après le gel des cotisations voté pour 2026. 

Oui. Après un an de contrat, il peut résilier sans frais ni pénalités son assurance auto, habitation ou sa complémentaire santé individuelle. Une complémentaire santé collective obligatoire ne peut en revanche pas être résiliée à titre individuel.

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